Chirurgie de la colonne vertébrale
Du point de vue biomécanique, la colonne vertébrale est extrêmement complexe.
Hormis l'usure normale, la plupart des gens ne rencontrent que peu de problèmes de colonne vertébrale si on en prend bien soin en bougeant plus et en restant moins assis.
Bien que beaucoup d'entre nous aient l'impression d'avoir la colonne vertébrale fragile, les douleurs cervicales ou dorsales proviennent généralement des muscles et des articulations. Si la cause de la douleur ne se situe pas au niveau de la colonne vertébrale elle-même, une intervention chirurgicale a peu de chances de la soulager, sauf en cas de problème spécifique pouvant être traité.
Raisons pour lesquelles vous pourriez avoir besoin d'une chirurgie de la colonne vertébrale
Les affections suivantes nécessitent généralement une intervention chirurgicale sur la colonne vertébrale, en fonction de la gravité de l'affection présentée et des réponses aux traitements non chirurgicaux (médicaments, radiothérapie, corset externe, physiothérapie, injections contre la douleur, etc.).
- Lésion de la colonne vertébrale – fractures
- Infections spinales ou paravertébrales
- Cancer de la colonne vertébrale, tumeurs de la moelle épinière
- Compression de la moelle épinière (par exemple, due à une sténose dégénérative ou à une déformation de la colonne vertébrale)
- Compression nerveuse due à une spondylose dégénérative ou à une hernie discale
- Instabilité de la colonne vertébrale, par exemple en cas de spondylolyse ou de fracture-luxation traumatique du rachis.
Découvrez notre Liste non exhaustive des diagnostics de la colonne vertébrale qui peut nécessiter une neurochirurgie.
Comment - quand - quand pas
Durant ma formation en neurochirurgie, un collègue plus expérimenté citait fréquemment le proverbial adage « les chirurgiens savent comment opérer, les bons chirurgiens savent quand opérer, les meilleurs chirurgiens savent quand ne pas opérer ».
C’est souvent le cas pour les affections rachidiennes, car les anomalies sont fréquentes avec l’âge. En l’absence d’indication chirurgicale valable, le terme « minimal-invasif » se transforme soudainement en « maximalement invasif ». L’approche la moins invasive pour la plupart des affections musculo-squelettiques consiste à identifier le problème, à laisser la guérison se faire naturellement et à n’avoir recours à une chirurgie rachidienne de précision que si elle permet une amélioration plus rapide.
Pour les problèmes impliquant les nerfs ou des anomalies structurelles, un bilan diagnostique rapide et approfondi doit être effectué sans délai afin d'identifier les problèmes potentiellement graves pouvant nécessiter une attention immédiate (infection, cancer, instabilité biomécanique, lésion nerveuse imminente).
Comment ça se passe
La voie d'accès et les couloirs chirurgicaux pour une chirurgie de la colonne vertébrale dépendent de la localisation du problème.
La plupart des lésions de la colonne vertébrale peuvent être abordées par voie postérieure, ce qui peut nécessiter l'ablation de l'os recouvrant les nerfs et la moelle épinière (laminectomie).
Les problèmes de colonne cervicale (dégénérescence discale, fractures, déformations ou infections comprimant la moelle épinière au niveau du cou) nécessitent généralement une approche par voie antérieure, sous le menton.
Les maladies de la colonne vertébrale thoracique et lombosacrée peuvent nécessiter un accès par l'abdomen ou le thorax.
Les outils endoscopiques (à base de caméra) sont essentiels pour les interventions dans la cavité thoracique, par exemple pour le traitement du cancer ou pour la lésion nerveuse afin de résoudre la transpiration excessive des mains (hyperhidrose palmaire).
Les assistants robotiques et le guidage 3D se sont considérablement améliorés depuis ma première formation il y a une quinzaine d'années. Ils apportent une précision accrue, mais on ne peut pas encore s'y fier entièrement. Leur principal avantage réside dans la rapidité d'exécution et la réduction de la taille des incisions.
L'instrumentation et la fusion (vis et tiges) stabilisent la colonne vertébrale en cas de cancer, de déformation rachidienne ou de fracture-luxation traumatique (rachis instable). Dans ces situations, la technologie est une véritable bénédiction.
Dans la grande majorité des cas de pathologies dégénératives de la colonne vertébrale que nous observons dans la Silicon Valley, la stabilisation/fusion vertébrale est inutile. Une technique chirurgicale rigoureuse permet d'éviter le recours aux vis et aux tiges. Les données montrent que même réalisée par voie mini-invasive, la fusion instrumentée modifie durablement la biomécanique de la colonne vertébrale et contribue souvent à une invalidité chronique plus tard dans la vie.
Affections pouvant nécessiter une chirurgie de la colonne vertébrale
Cliquez sur l'image de la colonne vertébrale ci-dessous pour consulter une liste non exhaustive des affections pouvant nécessiter une chirurgie de la colonne vertébrale.

